Nous avons tous en tête cette belle haftara de Kippour matin
qui est l’appel du prophète concernant le véritable jeûne.
Elle mérite encore d’être citée et d’être méditée, car ses paroles
sont d’une brûlante actualité :
Mais voici le jeûne que J’aime (dit l’Eternel) : rompre les chaînes
de l’injustice, dénouer les liens de tous les jougs, renvoyer libres ceux qu’on opprime,
briser enfin toute servitude ; puis encore, partager ton pain avec l’affamé, recueillir
dans ta maison les malheureux sans asile ; quand tu vois un homme nu, le couvrir, et
ne jamais te dérober à ceux qui sont comme ta propre chair ! C’est alors que ta lumière
poindra comme l’aube, que ta guérison sera prompte à éclore; ta vertu marchera devant
toi, et derrière toi la majesté de l’Eternel fermera la marche. Par son propos, notre
prophète révolutionne le sens du jeûne : il ne s’agit pas d’une mortification mais bien
plutôt de prendre la condition de l’indigent, celui qui ne peut pas manger tous les jours.
A travers Kippour et Souccoth nous vivons cette situation de précarité : nous jeûnons,
nous ne portons pas de chaussures de cuir et durant Souccoth nous vivons dans une
demeure fragile.
En nous engageant pour l’Appel national pour la tsédaka, c’est à l’appel d’Isaïe, à l’appel
de D. que nous répondons. Nous n’avons pas le droit de détourner notre visage
devant le manque d’autrui. C’est plus qu’un souci de l’autre, c’est une responsabilité
envers l’autre. Je suis certain que chacun prendra conscience de la gravité de la précarité
qui touche malheureusement une bonne partie de notre communauté, souffrante
et silencieuse. En répondant à l’Appel national pour la tsédaka nous exprimerons notre
solidarité et notre responsabilité envers notre prochain, pour faire reculer, autant que
possible cette situation d’indigence insupportable.