La communauté juive forme une famille
au sein de laquelle chaque membre compte, le sage
comme l’ignorant, l’aîné comme le benjamin, le riche
comme le pauvre. Tous comptent et tous sont également
singuliers et précieux au regard du judaïsme
dont l’une des valeurs centrales qui lui donne tout
à la fois sa force et sa richesse a pour nom la solidarité.
Sans solidarité, il n’y a pas de communauté durable. Sans solidarité, il n’y a pas d’identité
possible. Elle est à la base de tous les liens qui nous unissent et font que nous partageons
des valeurs, une histoire, une culture, une religion commune. Or, si la crise économique
n’épargne personne, elle frappe plus durement les plus vulnérables d’entre nous, fragilisés
par la précarité, l’isolement, la maladie ou le handicap.
Face aux bouleversements familiaux, aux risques d’exclusion sociale et devant la détresse
de ceux pour qui le quotidien ordinaire manque, nous avons le devoir d’agir pour rétablir
l’équilibre perdu de nos sociétés. Là est le vrai sens de la Tsédaka -une obligation morale de
justice et de partage- dont le Consistoire ne cesse de relayer l’appel et de souligner l’importance
pour la cohésion de la communauté juive de France.
Nous devons donner, nous devons savoir partager pour ne pas faire de la pauvreté une cause
d’exclusion, un motif de marginalisation, une raison de dissoudre le lien qui nous unit et qui
ne dépend ni du temps, ni de l’argent, ni des circonstances mais de la volonté d’être ensemble
les maillons d’une chaîne solidaire et sans rupture depuis plus de 3800 ans.